Le monde est il complètement déshumanisé?

Le monde est-il totalement déshumanisé ?

Ce matin, lors de mon déplacement matinal, je me trouvais à un arrêt de bus où une file d’attente se formait, plongée dans mes pensées en attendant mon bus pour aller au travail. Ce moment apparemment insignifiant a rapidement pris une tournure inattendue, révélant des facettes inquiétantes de notre société.

Soudain, un petit monsieur d’environ 80 ans tombe brutalement face contre terre, devant une rangée de taxis. Pris de panique, je me suis précipitée vers lui pour m’assurer qu’il allait bien. Je me suis retrouvée face à une scène émouvante : il saignait légèrement du visage et des mains, preuve de son impact. Avec effort, j’ai tenté de le relever, butant sur un manque apparent d’empathie de la part des passants. La plupart semblaient indifférents ou impuissants, comme si personne ne voulait ou ne pouvait intervenir. C’est alors que j’ai crié pour demander de l’aide. Finalement, un gentleman a décidé de venir en aide à cet homme vulnérable.

Nous avons ensuite partagé un moment sur un banc, où nous avons nettoyé ses plaies et discuté. L’accompagner jusqu’à un taxi en direction des urgences hospitalières, en insistant pour que le conducteur le dépose directement à l’intérieur du CHUM, m’a semblé la moindre des choses à faire face à cette situation.

Ce moment a profondément bouleversé mes émotions. J’ai pleuré pendant une heure, non seulement pour cet homme qui évoque mon propre grand-père, mais aussi pour la société dans laquelle nous évoluons. Un sentiment d’inertie, de passivité collective, m’a envahi, révélant une réalité préoccupante : un manque flagrant d’entraide dans notre quotidien.

Ce récit n’a pas pour but de dénoncer, mais plutôt de souligner l’importance de la compassion, de l’attention et de l’engagement envers nos aînés et nos prochains. La scène s’est déroulée en plein milieu d’une voie passante, où l’aide aurait été évidente pour certains, mais pas pour tous. Consciente du phénomène du « effet du témoin » (bystander effect) et peut-être même du « phénomène du sondé », je voulais simplement partager ce ressenti brut.

À travers cette expérience, je souhaite souligner que chaque petite action compte. Prendre soin de son prochain n’est pas seulement une obligation morale, c’est une nécessité pour préserver l’humanité qui nous rassemble. Rappelons-nous que derrière chaque visage se cache une vie, une histoire, une personne vulnérable qui a besoin de notre attention et de notre bienveillance.

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